Deux victoires en Ocean Fifty, 2014 et 2022, et pourtant pas de départ à Saint-Malo. Erwan Le Roux a annoncé son forfait pour la Route du Rhum 2026 : la moitié du budget était bouclée en juin, l'autre n'est jamais venue. Voilà ce que ça dit du prix d'un projet.
En bref
- Erwan Le Roux, vainqueur en 2014 et 2022, renonce à la Route du Rhum 2026 faute de sponsors.
- En juin, il annonçait 50 % du budget sécurisé, avec Koesio en sponsor majeur et Plastic Odyssey à ses côtés.
- Il vise une écurie de course au large à La Rochelle et le Vendée Globe 2028, en quête de sponsors.
Le chiffre clé : 50 %, Part du budget que le skipper disait avoir sécurisée en juin.
Un forfait annoncé alors que la moitié du budget était réunie
Le communiqué est tombé un jeudi. Erwan Le Roux ne sera pas au départ de la Route du Rhum 2026, à Saint-Malo, aux commandes de l'Ocean Fifty Plastic Odyssey Fifty. Le skipper morbihannais a pourtant gagné l'épreuve à deux reprises dans cette classe, en 2014 et en 2022.
La raison tient en une phrase, que le marin signe lui-même :
« Je n'ai pas réussi à réunir les moyens nécessaires pour prendre le départ sereinement. »
Erwan Le Roux, dans son communiqué.
L'Ocean Fifty est réputée pour offrir des budgets plus abordables que d'autres classes du large. Le cas de Le Roux rappelle qu'« abordable » reste relatif : même un double vainqueur, avec un sponsor majeur et un partenaire sur la coque, n'a pas réussi à boucler la ligne qui manquait.
Une année d'épreuves qui a fragilisé le montage financier
En juin, Erwan Le Roux indiquait sur son site avoir sécurisé 50 % de son budget. Koesio restait son sponsor majeur, et Plastic Odyssey devait s'afficher sur la coque. Il parlait alors d'une « base solide » pour tenir un programme complet.
Mais l'année a enchaîné les coups durs. Le trimaran a chaviré en novembre dernier lors de la Transat Café L'Or, avec sa co-skippeuse Audrey Ogereau. Il a fallu lancer un chantier de reconstruction. Puis Audrey Ogereau a décidé de se retirer du projet.
Le skipper cite aussi « un contexte économique national compliqué » parmi les raisons de cet échec. Résultat : malgré ses efforts de ces derniers mois pour embarquer de nouveaux sponsors, la moitié manquante n'est pas arrivée à temps.
Thomas Ruyant a connu le même blocage en septembre
Le Roux n'est pas le premier vainqueur de la Route du Rhum à jeter l'éponge cette année. Thomas Ruyant, qui a gagné en Class40 puis en Imoca, avait annoncé en septembre dernier qu'il lui manquait un dernier « sponsor majeur » pour boucler son budget.
Deux palmarès solides, deux classes différentes, le même obstacle. Un nom ne suffit pas à convaincre les partenaires, et la date du départ ne laisse aucun répit : quand les semaines passent, le bateau doit être prêt, que l'argent soit là ou non.
Des dizaines de milliers d'euros à plus d'une centaine de milliers à trouver
Pour beaucoup de skippers, les dernières semaines avant le départ forment un double sprint : préparer le bateau et dénicher le budget qui manque. Les montants à trouver varient beaucoup selon le type de projet.
| Skipper | Bateau | Somme évoquée |
|---|---|---|
| Thierry Roger | Réplique d'Olympus, catégorie vintage | Quelques dizaines de milliers d'euros |
| Maxime Sorel | Imoca | Environ une centaine de milliers d'euros |
Ces chiffres désignent ce qu'il reste à réunir, pas le coût total d'un projet. Mais ils donnent l'échelle : un amateur en vintage cherche quelques dizaines de milliers d'euros, un skipper d'Imoca environ une centaine de milliers, à quelques semaines du départ.
Le financement participatif, option de dernière minute
Maxime Sorel, skipper concarnois, a choisi une autre voie. Au début du mois, il a lancé « Un nom pour vaincre », en partenariat avec Vaincre la mucoviscidose. Le principe : chacun peut inscrire son nom sur la coque de son bateau, moyennant finance.
Le départ est fixé au 1er novembre. Sa communication ne précise pas si le bateau resterait à quai à Concarneau au cas où l'objectif de collecte ne serait pas atteint. Pour un lecteur qui suit la course, c'est un bon indicateur : jusqu'au dernier moment, le budget peut décider de la présence d'un skipper sur la ligne.
Erwan Le Roux vise une écurie à La Rochelle et le Vendée Globe 2028
Le skipper ne tire pas un trait sur la course au large. Il comptait faire de cette édition sa dernière Route du Rhum en Ocean Fifty, et garde un souvenir fort de l'accueil des Guadeloupéens à chaque arrivée.
Il annonce deux projets : monter une écurie de course au large à La Rochelle, pour transmettre sa vision de la performance durable à d'autres skippers, et chercher des sponsors afin de participer au Vendée Globe en 2028. Son message tient en une formule : une page se tourne pour en écrire une nouvelle.
Vos questions
Pourquoi Erwan Le Roux ne partira-t-il pas sur la Route du Rhum 2026 ?
Il n'a pas réuni les moyens nécessaires pour partir sereinement. En juin, il disait avoir sécurisé 50 % de son budget, mais de nouveaux sponsors n'ont pas rejoint le projet malgré ses efforts.
Quels événements ont pesé sur son projet ?
Le trimaran a chaviré en novembre dernier lors de la Transat Café L'Or, ce qui a imposé une reconstruction. Sa co-skippeuse Audrey Ogereau s'est ensuite retirée du projet, et il évoque aussi un contexte économique national compliqué.
Que prévoit-il pour la suite ?
Il veut monter une écurie de course au large à La Rochelle et chercher des sponsors pour le Vendée Globe 2028. Il remercie Koesio et Plastic Odyssey d'avoir cru en son projet.
Sources : france3-regions.francetvinfo.fr, voileetmoteur.com.








