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Route du Rhum : l'armateur vend le bateau, Halvard Mabire doit renoncer à trois semaines du départ

À 70 ans, Halvard Mabire perd son ORC 52 « GDD » mis en vente par l'armateur et doit renoncer à sa 6e Route du Rhum, trois semaines avant le départ.

Route du Rhum : l'armateur vend le bateau, Halvard Mabire doit renoncer à trois semaines du départ

Imaginez préparer pendant des mois une dernière transat, puis apprendre que votre bateau est à vendre. C'est ce qui arrive à Halvard Mabire, 70 ans, engagé en Vintage Multi : l'armateur de son ORC 52 « GDD » a décidé de s'en séparer, et le marin de Barneville-Carteret reste à terre.

En bref

  • L'armateur de l'ORC 52 « GDD » a décidé de vendre le bateau, ce qui force Halvard Mabire à déclarer forfait.
  • Il avait proposé un partenaire pour financer la course et réuni des copropriétaires pour une offre d'achat, sans succès.
  • À 70 ans, le marin de Barneville-Carteret ne se projette pas sur la Route du Rhum 2030 mais veut transmettre son expérience.

Le chiffre clé : 70 ans, L'âge de Halvard Mabire, qui visait sa 6e Route du Rhum pour clore sa carrière.

Un bateau mis en vente à trois semaines du départ

La nouvelle tombe à vingt et quelques jours de la ligne de départ. Halvard Mabire, engagé en Vintage Multi sur la Route du Rhum, Destination Guadeloupe, doit renoncer. Son ORC 52 « GDD » est mis en vente par son armateur, et sans bateau, il n'y a plus de course.

Le skipper normand parle d'une décision incompréhensible. L'armateur avait pourtant investi dans des voiles neuves en juin dernier, justement en vue de l'épreuve. Les deux hommes travaillaient ensemble depuis cinq ans, « en bon entendement », dit le marin.

Le revirement a pris tout le monde de court. L'armateur a annoncé sa décision de vendre il y a quelques semaines, et depuis, rien n'a pu la faire bouger.

Partenaire, copropriétaires, wildcard : toutes les pistes sont restées sans réponse

Halvard Mabire n'a pas baissé les bras dès l'annonce. Il a d'abord trouvé un partenaire fidèle, prêt à prendre en charge toutes les dépenses de la Route du Rhum. Puis il a réuni un pôle de copropriétaires pour faire une offre d'achat sur le bateau. En vain.

Le dossier avait déjà demandé de la bataille : il avait fallu convaincre pour que le bateau soit accepté dans la catégorie Vintage Multi. Les organisateurs de la Route du Rhum, Destination Guadeloupe lui avaient même accordé une wildcard, un geste dont il se dit reconnaissant.

« Nous avons vraiment tout essayé pour trouver une solution, mais rien n'a pu le faire changer d'avis. »

Halvard Mabire, skipper de « GDD »

Pour vous, plaisancier ou passionné, l'épisode rappelle une réalité simple : un projet de course au large repose sur un équilibre fragile. Un skipper peut avoir le partenaire, la qualification et la place au départ. Si le propriétaire du bateau change d'avis, tout s'arrête.

Une carrière qui court de la première Mini Transat à cinq Whitbread

Celui qui ne partira pas n'est pas un skipper ordinaire. Halvard Mabire fait partie des pionniers de la course au large, sur tous les supports. Il a disputé la toute première Mini Transat en 1977 et a été le navigateur d'Éric Tabarly sur Côte d'Or.

ÉpreuveSon bilan
Mini TransatConcurrent de la toute première, en 1977
TwostarConcurrent de la première, gagnée à 2 reprises
Whitbread5 participations
Solitaire du Figaro7 participations, dont 2 podiums
Courses transatlantiquesUne quarantaine
Transat Québec Saint-MaloDouble vainqueur
Course de l'EuropeTriple vainqueur

Au total, il cumule probablement plus de 400 000 milles de course au large. Ces chiffres expliquent le poids symbolique de ce forfait : c'est une page de l'histoire de la discipline qui ne s'écrira pas comme prévu.

Une dernière Route du Rhum qui devait tout boucler

Pour fêter ses 70 ans comme il se doit, le marin de Barneville-Carteret s'apprêtait à disputer sa 6e Route du Rhum. Il comptait ainsi clore une carrière de coureur au large hors normes. Sa première Route du Rhum remonte à 1990, avec Francis Joyon, qu'il comptait retrouver sur l'eau.

Les signaux étaient bons. L'équipe avait gagné la Drheam Cup, épreuve qualificative à la Route du Rhum, Destination Guadeloupe, ce qu'il voyait comme un bon augure. « Tout cela avait du sens », résume-t-il.

Il voulait aussi envoyer un message : montrer qu'à 70 ans, on peut encore batailler en solitaire sur une épreuve aussi exigeante. Il ne cache ni sa tristesse ni sa déception. Déclarer forfait et ne pas tenir ses engagements, ce n'est vraiment pas sa façon de faire.

Quant à l'édition 2030, il ne juge pas raisonnable de s'y projeter à son âge. L'avenir reste ouvert, mais la fenêtre se referme.

Touché mais pas coulé : il veut transmettre

Contraint de rester à terre, Halvard Mabire ne tourne pas le dos à la course au large. Au-delà du marin expérimenté et du fin stratège, c'est un passionné de technique. Il observe de près tout ce qui s'invente et se construit dans la discipline, et il continue de le faire.

Son analyse est précieuse, et il le sait. Son souhait est clair : rester en contact avec ce monde et transmettre ce qu'il a appris en un demi-siècle de courses sur toutes les mers du monde.

Et puis, qui sait, peut-être que dans quatre ans… Le point de suspension est de lui, pas de nous : il laisse la porte entrouverte.

Vos questions

Pourquoi Halvard Mabire renonce-t-il à la Route du Rhum ?

L'armateur de son ORC 52 « GDD » a décidé de mettre le bateau en vente, il y a quelques semaines. Sans bateau, le skipper ne peut plus prendre le départ, malgré plusieurs solutions proposées.

Quelles solutions avait-il tentées pour sauver son projet ?

Il avait trouvé un partenaire prêt à prendre en charge toutes les dépenses du Rhum. Il avait aussi réuni des copropriétaires pour faire une offre d'achat sur le bateau. Aucune de ces pistes n'a convaincu l'armateur.

Reverra-t-on Halvard Mabire sur la Route du Rhum 2030 ?

À 70 ans, il n'estime pas raisonnable de se projeter sur l'édition 2030. Il souhaite en revanche rester en contact avec la course au large et transmettre son expérience.

Sources : voileetmoteur.com.