En cas d’homme à la mer, alertez l’équipage, gardez le contact visuel, lancez une bouée, marquez la position MOB et réduisez immédiatement la vitesse. Prévenez par VHF si nécessaire, revenez sous contrôle vers la victime, préparez le repêchage puis traitez-la comme une personne potentiellement blessée, épuisée ou en hypothermie.
Le cockpit se vide d’un coup : un équipier vient de passer par-dessus bord. Sur un voilier, la bonne réaction n’est pas de se précipiter vers la barre ou de multiplier les ordres, mais d’organiser l’équipage en quelques gestes simples. L’objectif est double : ne pas perdre la victime de vue et ramener le bateau à une vitesse maîtrisée. À bord, chacun doit savoir qui regarde, qui manœuvre, qui prépare la bouée, la VHF et le moyen de remontée, car l’improvisation fait perdre des secondes précieuses.
En bref : les réponses rapides
Les 60 premières secondes : alerter, garder le contact, sécuriser
En cas d’homme à la mer, criez l’alerte, désignez une personne au pointage visuel, lancez une bouée couronne ou une bouée de sauvetage lumineuse, appuyez sur la touche MOB du GPS si disponible, puis réduisez la vitesse. Ne quittez pas la victime des yeux : tout le retour en dépend.
- Criez « homme à la mer » et confirmez l’alerte homme à la mer au barreur et au chef de bord.
- Nommez un pointeur, bras tendu vers la victime, qui annonce tout changement de relèvement.
- Jetez une bouée couronne, une bouée de sauvetage lumineuse ou tout flottant visible, même si le gilet de sauvetage est porté.
- Enregistrez la position MOB sur le GPS ou le traceur, sans cesser le pointage visuel.
- Ralentissez, choquez si besoin et préparez la manœuvre d’homme à la mer avec des ordres courts.
Organiser l’équipage et déclencher les secours sans attendre
Dès que la victime est localisée, le chef de bord répartit les rôles : veille visuelle, barre, moteur, VHF canal 16, préparation du matériel de récupération. Si la situation présente un danger grave ou imminent, l’alerte se fait par VHF marine sur le canal 16 ou via l’appel sélectif numérique.

Revenir vers la personne : choisir une manœuvre simple et maîtrisée
La bonne manœuvre est celle que l’équipage sait exécuter vite et proprement. Sur un voilier, il faut ralentir, revenir vers la personne sans la quitter des yeux, contrôler les voiles, utiliser le moteur si nécessaire, puis finir l’approche à très faible vitesse en évitant l’hélice.
Repêcher la victime et traiter le risque d’hypothermie
Le repêchage doit être préparé avant l’arrivée sur la victime : ligne, échelle de bain, palan, drisse ou sangle selon le bateau. Une fois à bord, il faut protéger la personne du froid, limiter les efforts, surveiller sa conscience et maintenir le contact avec les secours.
Prévenir la chute : briefing, longe, équipement et entraînement
Prévenir l’homme à la mer repose sur des habitudes simples : briefing avant le départ, port du gilet de sauvetage adapté, longe capelée de nuit ou par mauvais temps, pont rangé, déplacements annoncés et exercices réguliers. Un équipage entraîné gagne en calme. Il réagit mieux lorsque la chute survient, surtout en Manche ou en équipage réduit.
- Avant d’appareiller, rappeler qui veille, qui barre, qui lance l’alerte, et où se trouvent harnais de sécurité, couteau, lampe et moyens de repérage.
- Porter le gilet de sauvetage correctement fermé, avec éclairage individuel, sifflet et, selon le programme, balise AIS MOB ou PLB enregistrée.
- Capeler la longe de sécurité sur le harnais avant de sortir dans le cockpit exposé, puis se frapper sur une ligne de vie continue et solide.
- Garder le pont clair, annoncer chaque déplacement vers l’avant et éviter de se délonger lors des manœuvres sous voile, au mouillage ou au port.
- Répéter la manœuvre avec bouée, voile réduite et moteur prêt : un matériel mal porté ou non testé ne remplace jamais l’entraînement.
Questions fréquentes
Quel est le premier réflexe quand quelqu’un tombe à la mer ?
Le premier réflexe est d’alerter fort l’équipage : « Homme à la mer ! », puis de garder la personne en vue en la pointant du doigt. Lancez immédiatement un objet flottant visible, activez la fonction MOB du GPS si disponible, ralentissez le bateau et préparez la manœuvre de récupération sans perdre le contact visuel.
Faut-il lancer un Mayday pour un homme à la mer ?
Oui si la personne est en danger immédiat, si vous ne la voyez plus, si les conditions sont difficiles ou si la récupération n’est pas rapidement maîtrisable. Le message de détresse doit indiquer « homme à la mer », la position et la situation. Si la récupération est déjà sécurisée, l’alerte peut être adaptée après stabilisation.
Comment récupérer une personne à la mer avec un équipage réduit ?
Avec un équipage réduit, il faut simplifier : garder la personne en vue, ralentir, sécuriser les voiles ou passer au moteur si c’est possible sans danger, puis revenir sous contrôle. Envoyez une bouée, une ligne ou une sangle de récupération. Pour remonter la personne, utilisez si besoin une drisse, un palan ou une échelle adaptée.
Faut-il sauter à l’eau pour aider une personne tombée à la mer ?
En règle générale, non. Sauter à l’eau crée souvent une deuxième victime et complique la manœuvre. Il vaut mieux lancer un moyen flottant, établir un lien avec une ligne et récupérer depuis le bateau. Une mise à l’eau ne se justifie qu’en dernier recours, avec gilet, longe, personne assurée et situation parfaitement évaluée.
Que faire après avoir repêché une personne en hypothermie ?
Après la récupération, allongez la personne, protégez-la du vent et retirez les vêtements mouillés si cela peut se faire sans gestes brusques. Isolez-la avec des couvertures et réchauffez progressivement le tronc. Ne donnez pas d’alcool, ne massez pas. Surveillez respiration et conscience, puis contactez les secours ou un avis médical.
Une procédure d’homme à la mer se prépare avant l’accident : rôles connus, matériel accessible, VHF prête et manœuvre répétée. En situation réelle, gardez une séquence courte : alerter, localiser, ralentir, revenir, repêcher, prendre en charge. Le meilleur réflexe reste l’entraînement régulier, au moteur comme sous voiles, dans des conditions adaptées à l’équipage. Avant la prochaine sortie, vérifiez la bouée, la longe, l’échelle ou le palan, puis présentez la procédure à tout l’équipage.








